Retour sur la conférence “Networked Nonprofit”
Jeudi 16 février se tenait la conférence “Networked Nonprofit”, que nous avons co-organisé avec l’agence LIMITE. Vous pouvez retrouver les photos de la conférence sur facebook, mais encore mieux, voici un compte-rendu complet de la rencontre dans ce billet.
Introduction
La fin des années 90 voyait émerger la notion de “désengagement”, de “distanciation” vis-à-vis des structures militantes. Or, contrairement à la manière dont ces observations ont largement été interprétées, les Français ne se désintéressent pas de la chose publique. Ces changements traduisent plutôt une évolution des terrains (associations plutôt que politique) et de modes d’engagement, vers des formes de participation plus ponctuelles, sur des sujets plus précis.
La bonne nouvelle pour nous c’est qu’internet favorise précisément ces manières de participer. Dans ce contexte, l’application de la loi de Pareto prend tout son sens : un faible nombre de personnes s’impliquera de manière très forte, cela ne change pas, il s’agit des “militants”, alors qu’une majorité silencieuse peut maintenant participer faiblement et ponctuellement mais significativement !
Une autre théorie utile ici est celle formulée par Kevin Kelly, selon laquelle une groupe de musique a besoin d’un groupe de 1000 “vrais” fans afin d’exister. Ces fans assureront tout le travail de promotion et d’animation de la communauté. Il en va de même pour les associations. Vous devez constituer une base solide de soutiens avant toute chose.
Dernier point : celui concernant la mise en place d’environnements favorisant des comportements d’entraide. Des études récentes montrent que les individus ne tendent pas à se comporter de manière individualiste naturellement mais adoptent le comportement attendu d’eux dans l’environnement au sein duquel ils se trouvent.
Ces sujets étant très vastes et théoriques, je vous invite à consulter cette intervention de Yochai Benkler ainsi que ses différents écrits si vous souhaitez les approfondir :
Networked Nonprofit, RDV demain à La Cantine
Dans le cadre de la Social Media Week, nous avons décidé de co-organiser avec l’agence LIMITE une conférence autour de la notion de “Networked Nonprofit”.
Développé par Beth Kanter, spécialiste américaine des ONG, ce concept par d’un constat simple. Les associations qui réussissent le mieux sont celles qui se construisent en réseaux, s’ouvrent au-delà de leurs membres et font acte d’une plus grande transparence au quotidien.
Il semblait important de relayer ce discours auprès des associations françaises, tout en l’illustrant par des exemples concrets de stratégies en ligne qui font leurs preuves.
C’est pourquoi nous avons invité quatre associations à nous expliquer comment elles utilisent les réseaux sociaux et comment cette nouvelle manière de faire s’intègre dans l’activité de leur organisation :
- Fondation Abbé-Pierre
- La Chaine de l’Espoir
- Croix-Rouge
- La CPCA (Conférence Permanente des Coordinations Associatives)
Avant de venir assister à la rencontre, voici une vidéo de Clay Shirky, chercheur américain en sciences sociales qui fera office de bonne introduction au sujet.
Car finalement, derrière le mouvement des “Networked Nonprofit” se cache aussi la question de la collaboration entre individus et de la place des associations au sein de ces nouvelles interactions. Pour continuer à défendre leur cause de la meilleure manière, les organisations doivent s’ouvrir et faciliter la participation de nouveaux arrivants.
RDV jeudi 16 février, de 16h à 18, à La Cantine.
Engagement des jeunes : être utile et efficace
L’engagement des jeunes est un sujet cher à Jeannette Bougrab ces derniers jours mais qu’en est-il réellement de leur place et de leurs attentes envers le milieu associatif ?
Valérie Becquet, sociologue spécialisée dans le bénévolat étudiant nous apporte quelques éléments de réponse dans un article publié sur altermondes (certes en 2007, mais les ordres de grandeur sont encore valables).
Tout d’abord, elle s’attache à mettre en avant l’attractivité des associations auprès des nouvelles générations :
- les associations jouissent d’une image de “concrétiseur”, capable de changer la société
- 82% des moins de 25 ans souhaitent adhérer à une association
- l’unanimité du secteur associatif auprès des jeunes révèle aussi une certaine défiance envers la sphère politique
La deuxième partie de l’article concerne la réalité de l’engagement des jeunes au sein des associations.
- ils s’investissent bénévolement autant que la moyenne des français (25% de la population)
- chez les plus jeunes, la pratique associative se porte très majoritairement vers les associations sportives et culturelles, ce qui s’explique en partie par un choix des activités sociales pas complètement autonome.
Enfin, la chercheuse met en évidence trois motifs d’adhésion aux associations :
- relationnel : rencontrer des personnes, partager une passion pour une activité
- altruisme : aider les autres, se rendre utile, défendre ses valeurs
- utilitarisme : me distraire, me former.
Chez les jeunes, la dimension relationnelle est très présente. On cherche à s’épanouir, se faire des amis. On note aussi une forte exigence d’utilité lorsqu’ils s’investissent : ils veulent être utile et “attendent de l’association qu’elle leur permette d’être efficace”. Ils veulent percevoir le résultat de leur action et sont très sensibles au mode d’action par “projets”.
Toute association qui cherche à recruter de nouveaux bénévoles et à sensibiliser les jeunes à sa cause doit bien avoir ces éléments en tête. Satisfaire à ces nouvelles exigences du public requiert avant tout un travail de fond, une réflexion sur l’activité même de votre association et sur la manière dont vous communiquez.
5 manières de communiquer avec Youtube
Cela ne vous aura pas échappé, la vidéo prend toujours plus d’importance dans la part des contenus consommés en ligne. Aujourd’hui, 40% des internautes regardent tous les jours des vidéos en ligne. Phénomène que l’on comprend facilement : il est plus agréable et souvent plus facile pour comprendre un sujet donné de regarder une vidéo claire de quelques minutes plutôt que de parcourir des longs paragraphes. Pour quelques conseils sur la réalisation de vos vidéos, je vous invite à relire un des articles de CommAsso que nous avons récemment publié.
Pour vous aider à utiliser la vidéo dans la communication en ligne de votre association, nous voulions partager avec vous un article publié sur Engage365. Youtube ne sert pas seulement à publier des vidéos, vous pouvez aussi communiquer avec votre public par cette voie.

L’article se résume en 5 points :
- Personnalisez votre “chaîne” pour mettre en valeur vos vidéos : cette page avec votre logo et vos couleurs permettra aux internautes de s’abonner pour être notifiés de la publication de vos vidéos.
- Améliorez le référencement de votre association sur internet. Grâce à cette présence sur un site référence et aux contenus publiés, les internautes vous trouveront plus facilement sur les moteurs de recherche.
- Analysez quelles vidéos sont le plus populaires mais apprenez aussi à mieux connaitre votre public grâce aux statistique Youtube.
- Interagissez avec les internautes via les commentaires.
- Partagez facilement vos vidéos grâce à des modules exportables très simples d’utilisation (sur votre site, par mail, facebook, etc.)
Pour consulter l’article en version originale et intégrale, il vous suffit de cliquer sur la source.
En illustration, la chaine Youtube de la Croix-Rouge.
Lancement officiel : les pré-inscriptions sont ouvertes !
C’est officiel, Gullibear est né le 21 novembre 2011.
Comme vous pouvez le constater, toutes les fonctionnalités ne sont pas encore disponibles. Pour le moment, le site vous permet de vous pré-inscrire et d’en savoir un peu plus sur notre initiative, comprendre pourquoi nous travaillons sur ce sujet plutôt qu’un autre et à quoi tout cela peut bien servir. Autre élément important : les associations peuvent demander leur invitation ! Lorsque le site ouvrira sous sa forme finale, l’accès sera réservé aux associations disposant d’une invitation. Elles seront les seules à avoir accès aux différentes fonctionnalités comme la création d’un profil public, la publication de missions, de projets, etc. Les contenus seront en revanche consultables par tous.
Pour l’occasion, nous avons réalisé une courte vidéo présentant le but et le fonctionnement du site :
Si vous vous demandez toujours ce qui nous motive dans ce projet, je vous conseille de prendre quelques minutes pour lire notre communiqué de presse, tout y est expliqué. Pour faire simple, l’immense majorité des associations se sent démunie face à internet et ne parvient pas à créer de l’engagement à travers leur présence en ligne. Notre défi est de proposer des solutions simples (accessibles pour les plus néophytes) et complètes (qui s’adressent à tous types d’association) afin qu’internet permette de réaliser les besoins essentiels des associations : comment rencontrer mon public, recruter des bénévoles ou financer mes projets ?
Le site est déjà disponible en français et en anglais alors n’hésitez pas à le diffuser partout autour de vous, tout le monde comprendra de quoi il s’agit !
Pour avoir de nos nouvelles, la meilleure chose est de vous pré-inscrire. Après quoi, nous vous autorisons à vous inscrire à la newsletter, garder contact sur facebook, nous suivre sur twitter ou nos écrire des mots doux à hello(at)gullibear.com.
Tout ça pour dire qu’on est vraiment très heureux de commencer à vous montrer (petit à petit) des choses plus concrètes et qu’on aimerait beaucoup savoir ce que vous en pensez.
A bientôt,
L’équipe Gullibear.
Noël : êtes-vous trop sollicités par les associations ?
C’est en somme la question que nous pose Youphil à travers deux articles récemment parus. A mesure que la fin de l’année approche, les porte-monnaie devraient s’ouvrir comme les tulipes au printemps. Du moins, c’est ce qu’espèrent les associations et pour s’assurer l’attention des donateurs, les campagnes de communication se multiplient.

Au point d’amener certains à se demander si la communication associative est trop intense à cette période de l’année. Mais alors dans ce cas, comment faire connaitre son action et ses besoins au grand public ?
Vous sentez-vous trop sollicités par les associations ? Les dépenses publicitaires vous dérangent-elles ? Quelles alternatives de communication envisageriez-vous ? Au contraire, trouvez-vous qu’il n’y a pas lieu de discuter car il est normal que les associations s’expriment plus en période de fête ?
Quel site internet choisir pour lancer une pétition ?
Petit rappel sur la pétition en tant qu’outil démocratique
Que vous soyez “simple” citoyen ou le représentant d’une association ayant pignon sur rue, la pétition est un outil fort et symbolique pour porter votre parole auprès des élus.
Contrairement à ce que l’on pense souvent, la signature que l’on appose n’est pas seulement symbolique : la pétition oblige une assemblée à statuer sur un sujet. Elle a pour effet de responsabiliser les politiques et de se prémunir des faux-fuyants.

La pétition peut concerner différentes assemblées :
D’abord les collectivité territoriales : instauré dans l’article 72-1 de la Constitution française, le droit de pétition concerne avant tout les collectivités territoriales : “les électeurs de chaque collectivité territoriale peuvent, par l’exercice du droit de pétition, demander l’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée délibérante de cette collectivité d’une question relevant de sa compétence”. Donc vous faites signer votre pétition, vous la portez à l’assemblée compétente pour votre question (conseil municipal, général, régional), qui sera obligé de l’inscrire à l’ordre du jour.
Pour l’assemblée nationale, c’est un peu moins clair. L’article constitutionnel ne concerne que les collectivités territoriales, c’est la loi qui permet de porter sa pétition au niveau national. Les pétitions sont reçues par le Président de l’Assemblée puis étudiées en commission pour être envoyées en des lieux appropriés : classées, commission, ministre, médiateur ou soumise à l’Assemblée.
Depuis juillet 2008, il est possible de saisir le Conseil économique social et environnemental par voie de pétition. Elle doit cependant être signée par 500 000 personnes majeures.
*Pour les collectivités territoriales et l’Assemblée nationale, je n’ai pas trouvé de nombre minimum de signataires. Si un chiffre existe, n’hésitez pas à compléter l’information dans les commentaires.
Signer une pétition en ligne
Il existe de nombreux sites pour signer des pétitions, voici une sélection des principaux.
Policat : Outil très répandu, agréable par son ergonomie et intéressant car il permet non seulement au signataires de s’identifier avec leurs différents comptes sur les réseaux sociaux mais aussi d’exporter la pétition sur une facebook ou à travers un module propre.
iPetitions : Page de présentation de la pétition plutôt claire et les signataires ont aussi la possibilité de s’identifier avec différents comptes mais les fonctionnalités ne sont moins avancées que chez Policat et l’ergonomie moins bonne.
Change.org propose aussi un outil de pétition en ligne. Les sujets sont mis en valeur et clairement présentés. Le site donne de la crédibilité à la démarche et bénéficie d’un trafic conséquent. Malheureusement, l’intégration des réseaux sociaux est pauvre.
Et un acteur français pour finir : Pétition en ligne. Là aussi, il est possible de s’identifier par différents compte, la seule chose qui manque est l’intégration complète de la pétition à des services extérieurs (comme Policat le propose).
En conclusion, comme vous l’aurez compris, tous les sites évoqués ci-dessus proposent un service de bonne qualité mais notre préférence va à Policat, qu’Oxfam utilise d’ailleurs pour sa campagne sur la Taxe robin des bois. A vous de tester et de nous dire ce que vous en pensez. Quoi qu’il en soit, la réussite de la pétition dépendra avant tout de la promotion que vous en ferez.
Movember, la moustache contre le cancer
Messieurs, le 1er novembre est un grand jour qui marque le début de la 9eme édition de Movember. Se faire pousser la moustache, c’est le meilleur moyen qu’Adam Garone a trouvé pour rassembler les hommes et sensibiliser le grand public à un sujet masulin : le cancer de la prostate.

Le principe est simple :
- 1er novembre : tous à vos rasoirs
- pendant le mois qui suit, arborez fièrement votre création personnelle
- profitez-en pour faire passer le mot autour de vous, expliquer votre démarche, fédérer vos collègues de bureau, camarades étudiants.
- vous pouvez aussi monter une équipe pour augmenter la somme d’argent collectée
- puis les internautes, vos proches peuvent faire un don sur votre page, à votre équipe ou directement à une organisation.
- une fois le mois de novembre terminé, vous pouvez joindre des évènements locaux ou organiser le votre pour fêter ça, rencontrer d’autres participants ou encore remercier vos amis…
Depuis les débuts du mouvement, près de 180 millions de dollars ont été récoltés. La preuve que pour fédérer le public, la sensibilisation doit avant tout être ludique. Avez-vous des exemples d’opérations de communication semblables menées par d’autres causes ?
Jeudi 27, j’ai forum !
Au cas où vous seriez passés à côté de l’info, le jeudi 27 octobre se tient le forum national des associations et fondations au Palais des congrès de Paris.

Pas besoin d’en dire des tonnes, c’est tout simplement LE rendez-vous annuel incontournable du monde associatif. En tant que responsable d’association ou de fondation, vous y trouverez toutes les informations et ressources nécessaires pour le quotidien et le développement de votre structure.
Il est encore temps de vous inscrire et n’oubliez pas de jeter un coup d’oeil au planning des conférences.
Notre petite sélection :
- 9h - 10h30 : Analyse des risques dans le secteur associatif : témoignages de la gouvernance et mission du commissaire aux comptes.
- 11h15 - 12h45 : Associations : quelles solutions pour vos besoins de financement ?
- 14h - 15h30 : La qualité au coeur du dynamisme associatif. Restitution de l’étude et principaux enseignements.
- 16h15 - 17h45 : Facebook, Twitter, Google+ et autres réseaux sociaux : être partout à la fois pour les associations ? Tendances, constats et conseils pratiques.
Mais surtout, prenez le temps de faire le tour des stands, vous avez de belles rencontres à faire !

